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Musée archéologique

Le musée

 

La salle de la Chapelle 
Le musée est installé dans la chapelle de l’ancien château du XIIIème siècle qui avait été prêtée par le seigneur comme église paroissiale à la communauté teyrannaise. En effet, lors de son transfert de son ancien village, Aubeterre, au pied du château érigé par Guillaume d’Aubeterre en 1200, sur la colline de Teyran, la population abandonna peu à peu ses habitations et son église. Le seigneur mit à sa disposition la chapelle du château. Plus tard, ce lieu devint une salle de classe, puis, récemment, une salle municipale dédiée à des activités diverses.

La création du musée
Depuis 2016, sous l’impulsion de la nouvelle équipe municipale conduite par le maire Éric Bascou, et grâce au soutien de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup et de deux archéologues bénévoles, Maxime Orgeval et Angélique Garziano, la salle de la chapelle accueille une exposition archéologique dédiée au néolithique. La majeure partie de l’espace est consacrée à l’exposition d’objets retirés des fouilles du site de Montbeyre, situé sur la partie nord du territoire de la commune. La plupart proviennent du legs par Madame Amy Escuret, veuve de Louis Escuret, archéologue amateur teyrannais qui opéra les premières fouilles sur le site. Quelques-uns sont des reconstitutions d’après des modèles découverts sur d’autres sites de la même époque, telle la reproduction réduite du métier à tisser.

Les expositions temporaires
Une partie de l’espace de la salle est consacrée à des expositions temporaires sur le thème du patrimoine et de sa protection. La première exposition proposée  vise à mettre en valeur une occupante des granges ou greniers du village, la chouette effraie. Cette exposition a été réalisée par l’association Teyran Nature et Village.
La commission patrimoine


Teyran 6000 ans d’Histoire


À l’origine, un site
Cette exposition nous ramène près de 6000 ans en arrière pour vous présenter un pan de l’Histoire,  ou plutôt de la Préhistoire de Teyran comme en témoigne le site néolithique de Montbeyre la Cadoule.
Fouillé de la fin de la guerre à la fin des années 1950, puis entre les années 1980 et 1990, ce village témoigne de l’activité agropastorale des hommes sur le territoire de notre commune.

L’exposition archéologique
L’exposition « Teyran 6000 ans d’histoire » retrace les activités des hommes de cette époque, au travers de thématiques distinctes mais complémentaires. Par exemple, la chasse demeure un préalable indispensable à l’implantation des populations sur un nouveau territoire mais aussi pour assurer la protection des parcelles agricoles contre les animaux sauvages. Le développement de l’agriculture fait appel à des techniques et à un outillage bien particulier : confection de faucilles pour faucher le blé, fabrication de tribulum pour dépiquer le grain, utilisation de la hache polie pour défricher le terrain etc.

Le Chasséen
Vieux de 6500 ans (4500 ans avant notre ère), le village de Montbeyre la Cadoule appartient à la culture dite du Chasséen (Néolithique moyen). Elle se développe dans toute la partie méridionale de la France et perdure jusqu’en -3800 /-3700 avant notre ère. Près d’un millier d’années sépare les premiers arrivants de Montbeyre de ses derniers occupants. En effet, l’occupation du site se prolonge après le Chasséen et perdure au début du Néolithique final.

Teyran et ses environs, un gisement de sites
Mais ce gisement préhistorique n’est pas le seul à Teyran. À deux cent mètres de Montbeyre, de l’autre côté du cours d’eau de la Cadoule, un village en pierre sèche datant de la fin du Néolithique se dresse sur la Coline du Grand Devois de Figaret. Localisé sur la commune de Guzargues, ce village n’a fait l’objet que d’un sondage et d’un relevé partiel mais imposant. Il est vraisemblablement occupé de -3000 à -2300 ans avant notre ère. En parallèle, au sud-est de Teyran, près d’une ancienne carrière, furent mis au jour des vestiges du Néolithique final, en partie contemporains de ceux du village du Figaret. Malheureusement, l’élargissement de cette carrière dans les années 1980 a détruit ce village vieux de 4500 ans. Au pied de la carrière, quelques fragments de silex témoignent encore de cette occupation. Dans le même secteur, d’autres vestiges du Néolithique final ont été signalés également près de la source Montvilla. Des recherches seraient à envisager afin de confirmer et de localiser ce (ou ces) site.
Ces multiples exemples montrent la richesse du village de Teyran avant qu’on ne le nomme ainsi.

Vivre au néolithique, c’est vivre en mouvement
Dès le Néolithique, les hommes ont développé des réseaux d’échanges, comme le prouvent les petites lamelles en silex provenant du Mont Ventoux et trouvées à Montbeyre la Cadoule. À Saint-Aunès et toujours le long de la Cadoule, a été mis au jour un site contemporain de Montbeyre, occupé pendant près de 1000 ans. Les datations radiocarbones et  l’étude des poteries exposées  démontrent aisément ces affiliations chronologiques et culturelles. En effet, ce ne sont pas les poteries que les hommes déplacent, ce sont eux qui transfèrent leur savoir-faire technique et culturel. Le vase constitue le résultat direct de ce transfert.
Vivre au Néolithique, c’est vivre en mouvement. Les populations échangent des matériaux essentiels à la vie quotidienne sur plusieurs centaines de kilomètres de distance, des réseaux se créent, les villages s’agrandissent avec le temps, et l’identité culturelle ne cesse de s’affirmer. Cette identité, c’est une partie de notre héritage, il fait partie de nous sans le savoir. Cette exposition n’est qu’un mince aperçu  des fragments indirects et des bouts d’humanité vieux de plus de 6000 ans.
Mais ces quelques exemples de pans de vies néolithiques ne sont certainement pas les seuls sur la commune de Teyran. Nombre d’entre eux sont encore bien enfouis dans le sol teyrannais. À nous de les découvrir !
Maxime Orgeval